
Avec la série "A corps perdus", j'ai voulu étudier encore une fois la place qu'a le corps de l'Homme dans l'espace et quelle dimension prend-il dans son environnement.
Dans une position de perpetuelle remise en question de son positionnement par rapport au monde, l'Homme tend à se perdre dans son espace, par trop de déplacements. Avoir un rythme de vie tel, que l'on ne se rend plus compte de l'absurdité de certains gestes et faits quotidiens.
Ces images sont des signes de la dégénérescence des comportements face à nos espaces de vie. Des gestes quotidiens sont déplacés dans un contexte qui n'est pas le leur, ce qui rend les attitudes de ces corps loufoques à la limite du ridicule. Ces corps ne dégagent rien, ils ne sont plus que des enveloppes, des supports inertes et sans âme, des marionnettes manipulées malgrès elles. Ces figures évoluent dans des lieux impersonnels et perdent ainsi toute identité. Dans une perte totale de repères, ils sont fixés éternellement dans ces espaces par le procédé photographique. Lieux et personnages ne représentent et ne signifient ici, rien d'autre que leur propre présence. Il s'agit donc de se questionner sur sa place et son but dans ce monde.
Des corps perdus dans le décor, comme des erreurs, des incohérences que la photographie revèle. Entre rêve et réalité, ces personnages hésitent, et leur corps est mis à l'épreuve par l'espace qui les submerge.